Récit Rose E : La forêt interdite

Partie 1 Introduction du 6 au 16 janvier 2020 Classes de Mmes Caro/Mallard

«-  Bon….d’accord, va jouer dehors ! Mais, ne t’approche pas de la forêt !

– Gracias, mama ! »

Léna se précipite jusqu’à la maison de Juan. Agée de 10 ans, cette fillette brune a l’habitude de rejoindre son copain Juan. Elle court à travers les champs, malgré la chaleur insupportable.  Dans son pays, le thermomètre monte au plus haut. L’humidité est forte. La fraîcheur se fait rare.

Essoufflée, elle arrive enfin à la maison de son meilleur ami. C’est une petite  habitation basse, sans étage, en briques, très colorée. Son toit semble en paille. A droite de la porte d’entrée, se trouve un enclos pour les chevaux. La maison familiale se situe sur les berges de la rivière et à l’orée de la forêt amazonienne. Derrière la maison, une forêt d’Hyperions escalade la colline. Ce sont des arbres gigantesques, feuillus mais dépouillés de branches sur la base du  tronc. Dans la nature, il y a d’étranges arbres.

Juan, comme tous les garçons de son âge, cultive la terre avec son père. Ses cheveux noirs comme l’ébène  laissent  entrevoir un visage très souriant, sa peau est colorée par le soleil intense. Son regard est mystérieux. C’est un garçon serviable, efficace dans le travail. Léna aime jouer, discuter avec lui. Le jeune garçon sursaute, se retourne et aperçoit Léna. Directement, Juan rejoint son amie près de l’enclos des chevaux. Là, les deux compagnons se trouvent face à plusieurs chevaux magnifiques, des Alezans, un pie et un Isabelle. Léna monte sur un beau cheval marron aux pattes et à la crinière noires. Tandis que Juan préfère chevaucher un animal à la robe brune.

Ils partent en promenade. Les chevaux montent au pas la colline. Les deux cavaliers discutent en chemin et s’arrêtent à la lisière de la forêt. Léna se rappelle les consignes de sa maman. Ils ne doivent pas entrer dans l’immense forêt. Ils attachent leurs chevaux, s’assoient sur un tronc d’arbre et contemplent le paysage. La maison  de Juan se dessine à leurs pieds, en contre-bas, avec les champs dorés. Plus loin encore, ils distinguent la maison de Léna avec le village à côté.

Derrière eux, la forêt mystérieuse se dresse et les dangers rôdent. La lumière du soleil entre difficilement. Un panneau y interdit l’accès. « Le Poumon de la Terre » est protégé. Ses arbres ressemblent à des gratte-ciel, entourés de mousse, serpentés de lianes. Des plantes exotiques buissonnent aux pieds des géants. Des chutes d’eau retentissent sur le sol. Les chants des oiseaux tropicaux leur parviennent jusqu’aux oreilles. Le doux vol des libellules transmet de légères vibrations. Le craquement des feuillages indique la présence d’animaux.

Juan et Léna sont sereins dans ce décor.

Partie 2 L’événement perturbateur du 17 janvier au 30 janvier 2020 Classe de Mr Lebarbier

Après quelques minutes de repos, Juan choisit de rompre le silence. Le débit de sa voix trahit une certaine excitation. Il a très envie de dépasser ce panneau d’interdiction et de découvrir enfin ce que cache cette forêt luxuriante. Juan insiste un moment pour que Lena et lui entrent dans la forêt pour jeter un coup d’oeil. Lena refuse à chaque fois mais Juan insiste tellement qu’elle finit par céder.

Ils commencent à s’enfoncer dans la forêt et voient des dizaines de cacatoès multicolores. La biodiversité de cette forêt semble remarquable.

– « Waouh ! Ils sont trop beaux ! » s’exclame Juan.

– « Fais attention, ce sont des oiseaux sauvages. » prévient Lena.

– « Tu dis n’importe quoi, ils ont l’air tout gentils. » répond Juan en s’approchant d’eux.

Tout à coup, un des volatiles vient se poser sur la tête du garçon et lui mord l’oreille.

– « Ahah ! Tu fais moins le malin » rigole Lena

Ils continuent à marcher un mètre, deux mètres, trois mètres et…au quatrième, ils tombent dans un trou profond qui se referme juste au-dessus d’eux. Ce trou est grand, sombre et humide. Il est tapissé par de la terre et des feuilles mortes. De nombreuses araignées y ont, semble-t-il, tissé leur toile.

Lena dit :

– « Bien joué ! Tu ne respectes jamais les règles et à cause de toi, on est au milieu de nulle part .

Juan répondit :

– « Arrête de me toucher l’épaule »

Lena, surprise, affirme :

– ” Quoi ? Mais je n’ai rien fait ! “

Quelque chose se déplace sur l’épaule de Juan. Il ressent une sensation bizarre. Ce qui ressemble à un animal, est muni de multiples pattes très velues. Juan, qui est arachnophile reconnait sans peine l’araignée Goliath, la plus grosse araignée du monde.

Il pousse un cri d’effroi. Lena, tétanisée, n’ose plus bouger.

Partie 3 Série d’actions du 31 janvier au 13 février 2020 Classe de Mr Pinquié

Juan sait comment ne pas se faire mordre par l’araignée. Sans trembler, il la prend en la tenant fermement par l’abdomen, puis la dépose délicatement par terre.

Léna est soulagée. L’arachnide ne s’est pas senti menacée.

Maintenant, la nuit est tombée. Ils finissent par s’endormir.

Quand ils se réveillent, de faibles rayons de soleil pénètrent au travers du trou.

_ Mais où sommes-nous ? s’exclame Léna.

_ Je ne sais pas, répond Juan.

Nous regardons autour de nous. Cet endroit est non seulement tapissé de feuilles mortes mais est aussi entouré de plantes et de buissons épineux. Près d’ici, jaillit une source à l’eau claire. Nous entendons le bruissement de l’eau qui coule. Au-dessus de nos têtes, des toucans et des colibris chantent gaiement.

Nous percevons alors du bruit derrière nous. Nous nous retournons. Là, une personne se tient devant nous. Elle a les cheveux noirs et les yeux marron. Elle porte un short et un chemisier blanc. Sur ses cheveux est attaché un bandeau de lianes. Juan et Léna commencent à discuter avec l’inconnue.

_ Bonjour, nous nous appelons Juan et Léna. Et vous, qui êtes-vous ?

_ Je m’appelle Mary. Quand j’étais petite, je me suis perdue dans cette forêt et maintenant je vis ici. J’ai appris à vivre seule dans ce vaste territoire végétal. Je me suis construit une cabane. Je vais vous aider à sortir d’ici. Vous avez l’air gentil et vous ne faites pas de mal aux animaux.

_ AHHH ! Un jaguar ! s’écrient Juan et Léna.

_ Ne vous inquiétez  pas ! C’est Ferry, mon compagnon ! Depuis que je suis petite, il veille sur moi. Je l’ai sorti d’un piège sans doute construit par des braconniers. On a grandi ensemble. Je l’ai soigné. Depuis, il  n’a jamais voulu me quitter. Je l’ai apprivoisé.

Mary actionne un système de poulie: elle soulève une pierre accrochée à une liane, permettant ainsi à une échelle en cordes de descendre jusqu’à eux.

_ Allez-y, montez ! crie Mary.

Juan et Léna sortent du trou avec Mary, suivis de Ferry.

La cabane, toute proche, est en bois, construite très solidement. Elle a deux fenêtres. A l’intérieur, il fait un peu froid. Le sol est couvert d’un tissage de lianes en guise de tapis.

_ Je me suis fabriqué moi-même ce lit en bois et cette couverture en feuilles de palmiers ! annonce fièrement Mary. Les deux enfants sont impressionnés.

Mary et les deux enfants mangent de très bonnes baies Açaï, fruit d’un palmier qui pousse ici. Ferry, quant à lui, mange de la viande de tortue car, il est capable, raconte Mary, de mordre et de percer leur carapace. Il lui arrive  d’attraper  des singes, des tapirs qu’il partage avec elle, précise notre sauveuse.

_ Allez vous reposer maintenant, dit celle-ci.

Le lendemain matin…

_ Pouvez-vous nous aider à quitter ce labyrinthe? Nous voulons sortir d’ici et rentrer chez nous. Nos parents sont sûrement très inquiets ! Ils nous manquent ! explique tristement Juan à Mary.

_ Je ne sais pas ! Après tout, je ne suis jamais sortie de la forêt. Il existe bien un moyen mais il est très dangereux…

_ Qu’est-ce que c’est ? questionne  Léna, avec impatience.

_ Il faut passer par le fleuve Amazone, le plus long fleuve du monde, avec ses 7 000 km ! Je le sais parce que je l’avais appris à l’école, lorsque j’étais encore avec mes parents, raconte Mary en pleurant.  Il est rempli de caïmans, d’anacondas et de piranhas !

_ Haa ! s’écrie Juan.

_ Même pas peur ! Allons-y ! s’exclame Léna, avec courage.

_ Je peux vous prêter mon radeau mais il n’est pas très solide, prévient Mary.

_ Allez, c’est parti ! crie Léna.

Quelques heures plus tard, au bord du fleuve…

_ Le radeau est caché  ici ! dit Mary. Montez dessus ! s’exclame-t-elle.

Elle pousse l’embarcation et monte avec eux.

_ Comment allons-nous faire pour passer de l’autre côté sans nous faire attaquer ? demande Juan.

_ Ferry va nous aider ! Il est capable de nager et peut pousser le radeau. Par contre, il peut se faire attaquer par des piranhas à ventre rouge. Prions pour que cela n’arrive pas ! répond Mary.

Et ils s’élancent dans le fleuve !

Partie 4 Résolution du 2 au 12 mars 2019 Classe de Mme Launay

Sur le radeau, chacun a son rôle. Ferry s’agrippe avec ses griffes et de ses pattes arrières, il pousse l’embarcation, Mary et Léna rament pendant que Juan guide et observe le fleuve à l’affût de tous les dangers.

Tout se déroule parfaitement jusqu’au moment où un tronc d’arbre emporté par le courant se rapproche rapidement du radeau et le heurte brutalement par l’arrière. Chacun est secoué et manque de tomber à l’eau.

  • On a évité la catastrophe ! s’écrie Léna. Mais Ferry est blessé, je vois du sang sur sa cuisse !

  • Nous devons absolument le hisser à bord car le sang va attirer rapidement les piranhas ! s’inquiète Mary. Léna, tu m’aides et Juan, tu restes à l’avant pour qu’on ne chavire pas !

Les deux filles saisissent les pattes avant de Ferry et tirent de toute leur force. Mais sans succès, le jaguar est trop lourd. Ils décident d’accélérer pour rejoindre au plus vite la rive.

– Qu’est – ce qu’il se passe là-bas ? Je vois comme des remous qui se dirigent vers nous, pourvu que ce ne soit pas les piranhas ! ça se rapproche très rapidement. s’affole Juan . Mais non, c’est bizarre, je vois comme des masses roses.

  • Ce sont des dauphins « Botos », ils sont au moins une dizaine, c’est curieux qu’ils viennent vers nous, c’est une espèce inoffensive. affirme Mary.

Les dauphins encerclent le radeau et forment comme une ceinture. A l’arrière, certains poussent Ferry avec leur museau et au bout de quelques minutes, le jaguar les a rejoint à bord.

  • Mais pourquoi font-ils cela ? questionne Juan.

  • Des piranhas, une vingtaine ! Regardez ! hurle Léna.

  • Restez calmes ! Les dauphins sont venus pour nous protéger, ils ont senti le danger ! les rassure Mary.

Pendant toute la traversée, les botos forment une barrière entre les piranhas et le radeau et le poussent par moment à l’aide de leur museau.

Une fois arrivés près de la rive, les dauphins s’éloignent peu à peu, ils ont accompli leur mission. Les enfants, Mary et Ferry se retrouvent alors à naviguer entre les arbres baissant la tête pour éviter les branches et les lianes. C’est difficile car il n’y a plus beaucoup de fond mais ils n’ont pas envie de poser leurs pieds dans l’eau.

C’est alors que Léna donne un coup de rame sur un caïman camouflé à fleur d’eau . Celui-ci ouvre grand sa gueule prêt à jaillir et attaquer. Juan se saisit du premier morceau de branche venu et l’enfonce pour bloquer la mâchoire, l’animal n’en fait qu’une bouchée ! Mary décide de prendre une rame qu’elle arrive à bloquer dans la gueule du caïman!

Ils avancent encore quelques mètres avec leur seule rame et mettent pied à terre.

  • Enfin, nous y sommes ! Allons près de cet arbre pour nous reposer un peu et soigner Ferry. propose Léna .

Mary cueille une énorme feuille et une liane qu’elle dispose sur la blessure du Jaguar.

  • Je lui ai fabriqué une sorte de bandage ! Cela fera peut-être comme de la poudre de perlimpinpin mais au moins il ne saignera plus. Il faut maintenant que l’on observe le vol des aras, on va essayer de les suivre et peut -être nous amèneront-ils à un village. explique Mary.

Ils marchent en file indienne, en étant très attentifs aux dangers qui pourraient survenir. Sur une branche, quelques aras s’apprêtent à s’envoler. Le groupe les suit d’arbre en arbre et au bout de deux heures de marche, ils aperçoivent au loin un village !

  • Nous sommes arrivés , je reconnais le clocher de notre petite église ! Hourra ! Nous sommes sauvés ! Merci Mary ! s’écrie Juan en se jetant à son cou.

-Comme je suis heureuse de retrouver mon village, j’espère que nos parents ne seront pas fâchés contre nous ! Mais désormais nous devrons respecter les règles. Est-ce que tu nous accompagnes Mary ?

Partie 5 Situation finale du 13 au 26 mars 2020 Classe de Mme Thomas

– D’accord ! Comme ça, j’expliquerais à vos parents ce qu’il s’est passé.

– Non, répond Juan. Sinon, je passerai un sale quart d’heure !

– Oui, je suis d’accord avec Juan, affirme Léna. Sinon, j’aurai une punition.

Alors, les deux enfants et Mary repartent. Après une bonne demi-heure de marche, les enfants arrivent chez eux. Léna court dans sa maison voir ses parents pour s’excuser du retard.

Quand Léna rentre, il n’y a personne !

– Que se passe-t-il ? Où sont mes parents ?dit Léna en pleurant.

– Bon les enfants, dit Mary, je dois rentrer chez moi. Au revoir !

– Au revoir Mary et à bientôt !disent les enfants tristement.

– Hé Juan, regarde là-bas, ce sont nos parents !

Les parents des deux aventuriers se sont inquiétés pendant leurs absence, alors ils sont partis à leur recherche malgré le climat désagréable de la forêt.

– Les voilà, dit la mère de Léna !

– Ya estàs aqui mama !

– Où étais-tu passée ma chérie ?

– Je t’expliquerai tout à l’heure, mama !

– Non, je veux que tu me racontes ce qui s’est passé, tout de suite !

– D’accord, en fait tout a débuté dans la forêt et là Juan…

Tandis que les parents écoutent Léna, Juan comprend que cette leçon de vie sera durable toute sa vie pour leur sécurité.

Après avoir raconté ce qui s’était passé aux parents, ils s’en tirèrent avec une simple punition… de grosses corvées !