La Mère Michelle

Partie 1 Introduction du 15 au 26 novembre 2021 Classe de Mr Poupet

Un soir de mars 2020, je reviens de la salle de sport. Le basket le lundi et le badminton ce soir, jeudi, à l’heure du goûter. Je suis fatigué. Je traverse les rues presque vides. Il fait déjà sombre à la sortie du métro. Je n’ai pas encore le permis. A pieds ou à vélo, les rues de Paris sont plus jolies. Ce soir notre président doit parler aux français. Le virus prend de l’importance. Je me dépêche pour être à l’heure chez moi. Encore le pont sur la Seine à traverser, et je suis arrivé.

J’aurai 19 ans la semaine prochaine. Martin, c’est mon prénom. Jeune étudiant en école d’inspecteur, je me réjouis de me trouver dans la capitale. Les cours sont passionnants. Dès l’école primaire, je faisais des enquêtes pour trouver des solutions à la moindre chose disparue. On me faisait confiance pour les trouver rapidement. On m’appelait La Fouine. J’avais monté un club de jeunes chercheurs avec mes amis. Voilà déjà presque huit mois que je suis arrivé de Nantes. Le temps passe très vite. Je me sens un peu seul. Mon frère Lucas qui a 11 ans me manque, ainsi que ma famille et mes copains du Lycée. Heureusement que mon chien «Eclair», un jeune berger australien, couleur chocolat, est venu m’accompagner dans ce petit appartement de 60 m², proche de la Tour Eiffel. Nous sommes plusieurs jeunes à partager cette belle maison. Je suis en colocation avec Eric, un autre passionné de sport et de romans policiers. La vue est jolie.

J’entends parfois des bruits étranges venus de la voisine. Elle doit taper les murs très régulièrement. Cette dame grincheuse ne parle pas beaucoup. Elle grogne souvent. Nous l’appelons tous la mère Michelle. Peut-être parce qu’elle a perdu son chat le mois dernier ! Elle n’aime pas beaucoup les chiens et encore moins le mien. Elle me fait un peu sourire, mais aussi un peu peur. Je la croise parfois quand je fais mes courses. Elle va moins vite que moi. C’est vrai que je suis plutôt grand. J’aime bien courir.

Je suis abasourdi devant ma télé. Les français vont devoir être confinés chez soi. Je peux sortir courir autour de la maison, et promener « Eclair ». Je vais essayer de faire les courses de la mère Michelle. Mais pour sortir, il faudra une attestation. La salle de sport va me manquer. Il a même parlé de faire les cours en visio !

Partie 2 L’événement perturbateur du 3 au 14 janvier 2022 Ecrivain mystère

Le mois de mars me paraît interminable avec toutes les restrictions imposées. Heureusement que j’ai un colocataire car sinon les journées seraient bien longues sans personne à qui parler.

Un confinement, il me faut bien prononcer le mot, entraîne de vivre davantage dans l’appartement et d’être plus attentif à de nombreux détails passés inaperçus jusque là. Vous me direz, pour un étudiant inspecteur, friand d’enquêtes, c’est peut être l’occasion de s’entraîner, de s’exercer et de mettre en pratique les cours théoriques.

Figurez-vous que chaque jour à 10h17 précises, j’entends trois bruits secs…impossible d’identifier leur nature. J’ai sollicité l’aide d’Eric pour avoir son avis mais  mon colocataire est resté bien circonspect sur la nature du bruit. Notre seule certitude, il provient du logement de notre voisine la mère Michelle.

Intrigués, nous avons prêté l’oreille et outre les bruits du matin, entre 16h30 et 17h ces trois bruits secs se reproduisent mais en plus cela entraîne des vibrations dans le plancher qui se répercutent dans notre appartement et se terminent par un bruit sourd de trois secondes. Bizarre.

Partie 3 Série d’actions du 17 au 28 janvier 2022 Classe de Mme Caro

C’est le matin, il fait déjà jour, je me réveille dans un long bâillement. Les cheveux hirsutes, je me dirige vers la salle de bain.

Soudain, j’entends frapper à la porte. Eric et moi, nous nous rejoignons dans le couloir et nous nous  regardons, surpris. Nous hésitons à ouvrir parce qu’il est interdit en ce moment d’organiser des contacts avec des personnes. Nous finissons  par prendre un masque et nous décidons à ouvrir.

Là, époustouflés, Eric et moi  découvrons la mère Michelle.

Elle est plutôt petite, approche de quatre-vingt-quinze ans. Ces cheveux blancs sont retenus par un foulard. Une petite boucle de cheveux dépasse et adoucit son visage tout fripée.

Ses petits yeux bleus transpercent ses grosses lunettes. La vieille dame semble sortir du lit avec sa longue robe de chambre à fleurs.

En brandissant sa canne, la voisine prend la parole avec un air menaçant.

-”Vous commencez sincèrement à m’agacer. Tous les jours à la même heure, j’entends vos bruits incessants. Vous me réveillez, me faites sursauter. J’ai le coeur fragile…

– Mais Madame, nous étions persuadés que vous heurtiez votre canne sur les tuyaux, sur le sol…. Nous pensions que c’était vous ! s’étonnent les deux étudiants.

– Alors, d’où vient tous ces bruits ? Pour ma part, je suis revenue depuis quelques jours de chez mes enfants. Je pensais que vous jouiez dans votre appartement avec votre chien. Que vous faisiez des travaux, que sais-je !

– Je m’engage à trouver d’où viennent ces bruits !” je m’exlame.

La mère Michelle repart chez elle, en cachant sa peur.

Je décide d’enregistrer ces bruits. Il faut que j’en ai le coeur net. Je prends mon portable et passe à l’action. J’appuie sur le petit carré rouge, de mon téléphone pour l’enregistrement. Les bruits secs, étranges se répercutent dans la cloison et dans le sol. Satisfait de mon enregistrement, je me dirige vers la chambre de mon colocataire. Je frappe à la porte, attends quelques secondes mais rien. J’insiste et décide d’entrer. Surpris, la chambre est dans un désordre incommensurable. Eric n’est plus là !       Eclair se met à renifler la moquette, la housse de couette. Je ressors de la chambre, m’assois dans la cuisine et réfléchis.

Après quelques minutes de réflexion, je partage en visio mes enregistrements et mon inquiétude pour la disparition d’Eric. Mes amis ne comprennent pas ces bruits. Toutefois, les étudiants reconnaissent des sons similaires aux pelles. Pour Eric, ils n’ont aucun doute. Il a toujours été vraiment bizarre. Pour ma part, je ne le connais pas vraiment. Je décide de mener mon enquête et de retrouver mon colocataire.

Je descends avec Eclair. C’est l’heure de la promenade. En passant devant ma boîte aux lettres, je vérifie si le facteur est passé. Je découvre avec stupéfaction une drôle d’enveloppe rectangulaire, jaunie par le temps.  Le message à l’intérieur est clair et écrit  à la plume   :

Rendez-vous au parc à 10 h . Venez seul. MM

Tout de suite je pense à ma vieille voisine.

  • “Vite Eclair, nous allons au parc”. 

Je change l’horaire et le lieu sur mon attestation de déplacement. Nous courons jusqu’à l’entrée du parc.

Partie 4 Le dénouement du 21 février au 4 mars 2022 Classe de Mme Drouault

En arrivant au parc avec Eclair, je découvre la Mère Michelle assise sur un banc. Je la rejoins et m’adresse à elle :

  • Bonjour, est-ce vous qui m’avez donné rendez-vous au parc ? Êtes-vous MM ?
  • Oui, mes initiales sont bien MM, je m’appelle Marie Michelle…
  • Alors tout d’abord, enchantée Mme Michelle. Et je m’excuse pour mon retard… je me suis fait arrêter par un policier qui contrôlait mon attestation.

Elle m’explique rapidement pourquoi elle m’a écrit ce mot et qu’elle a l’impression que les bruits proviennent du sous-sol. Elle souhaite donc mener l’enquête. Elle me précise qu’elle a pensé à ce rendez-vous au parc pour éviter de se faire remarquer à l’entrée de l’immeuble. Elle ajoute qu’elle a pensé à moi parce que je suis un inspecteur étudiant et que toute seule, ça lui faisait peur.

Il est 10h10. Nous restons au parc, mais nous nous cachons derrière un buisson qui donne vue directe sur l’immeuble. Heureusement, Eclair est un chien calme et bien dressé. Sans me vanter, je l’ai bien éduqué. Nous restons en silence en prenant garde de rester à l’abri des regards indiscrets de promeneurs ou de joggeurs du parc. Nous apercevons des personnes qui arrivent devant l’immeuble. Ils sont habillés en tenue de travaux, avec des casques. Etrange, il n’y a pourtant pas de travaux d’annoncés dans l’immeuble. Ils rentrent directement.

Tous les trois, nous commençons à les suivre discrètement, en laissant une distance suffisante pour ne pas se faire repérer. Par la porte d’entrée restée entrouverte, nous remarquons qu’ils se dirigent vers le sous-sol.

– J’avais raison ! s’écrie Marie, les bruits proviennent du sous-sol !

– Alors ce serait eux à l’origine des bruits ! dis-je.

– Ils doivent préparer un mauvais coup… car le sous-sol est un endroit peu fréquenté, poursuit la voisine.

Nous reprenons notre filature, et tout en nous cachant, nous longeons les murs conduisant au sous-sol. Il fait frais, humide, et l’odeur nauséabonde nous pique le nez.

On perçoit des voix et un grincement comme si l’on ouvrait une trappe. Nous nous approchons doucement de la fin de l’escalier et nous apercevons deux hommes, ils ont des pelles. Un des hommes se retourne, mais nous nous cachons rapidement avant qu’il ne nous voit. Ouf ! Il n’a pas décelé notre présence… On a eu chaud !  Nous nous repenchons vers les malfaiteurs, ils ont disparu !

Nous avançons et nous remarquons un trou, qui semble conduire à un tunnel. Eclair renifle autour de l’ouverture. Nous attendons quelques secondes afin d’écouter si les hommes ne sont pas très loin. À quelques mètres, nous percevons cet échange :

– À la fin de la journée, le tunnel doit être terminé ! dit une voix qui me paraît familière. Sinon le père Lustucru ne sera pas content !

– Nous aurons mis du temps à le faire ! Mais pas d’inquiétude, le patron sera fier de nous ! Espérons seulement que l’on ne nous ait pas remarqué ! répond un autre.

– Et après l’argent de la banque sera à nous !!!

– Nous serons riches !

– Trêve de bavardages ! Allumons la machine ! reprend cette voix familière.

Il est 10h16 et quelques secondes. Nous prêtons l’oreille pour savoir ce qui se passe réellement à 10h17.

Ça y est, ça me revient ! Cette voix familière, c’est Éric ! C’est mon colocataire ! Je n’en reviens pas, je n’avais rien remarqué.

Nous entendons les trois bruits secs habituels, nous comprenons alors que ces bruits viennent de la machine qui vient d’être allumée.

Je dis à ma voisine qu’il faut prévenir la police et la banque. Nous nous rendons d’abord à la banque et demandons à voir le directeur parce que nous avons des informations importantes à lui transmettre. Devant le manque de réactivité de la personne du guichet, nous commençons à nous énerver, à nous impatienter. Eclair semble sentir ma pression puisqu’il commence à grogner. Notre agacement monte, et l’hôtesse finit par nous conduire au bureau du directeur. Nous la suivons, elle frappe à la porte et demande d’une voix stressée :

– Monsieur, excusez-moi de vous déranger, mais là j’ai deux personnes qui insistent pour vous parler… ça a l’air sérieux…

– Faites-les entrer. Alors que se passe-t-il ?

Nous expliquons que des personnes essaient de s’introduire dans la banque pour y voler tout le stock d’argent. Le directeur semble incrédule. Il appelle la sécurité qui nous renvoie directement dehors. N’ayant pas été pris au sérieux, nous décidons d’appeler la police.

– Notre première tentative a échoué, dis-je à Marie. Nous nous sommes précipités, et nous n’avions pas assez préparé notre explication. Ils ont dû nous prendre pour des fous !

– Tu as raison, exprimons-nous de manière plus claire et plus tranquille, ajoute Marie.

Je tape le numéro de la police et tombe directement sur le commissaire. Parfait ! Je me présente en tant qu’inspecteur pour avoir plus de crédit. Je poursuis en disant que depuis un certain temps, avec mes voisins, nous entendons des bruits secs tous les jours aux mêmes heures. Nous pouvons leur assurer que la banque va être cambriolée dans la journée car nous avons entendu des hommes qui creusaient dans le sous-sol. Je finis par conseiller d’envoyer des policiers sur place. Ça a l’air de fonctionner, le commissaire semble avoir compris la situation puisqu’il m’assure qu’il va faire intervenir une brigade.

Il est 12h23. Je raccroche avec le commissaire.

A 17h34, les policiers arrivent à la banque. Je précise au commissaire de placer aussi des hommes pour surveiller l’entrée du tunnel. Je leur indique l’immeuble en question et leur explique comment s’y rendre. Une autre équipe de policiers, sous les ordres de leur commissaire, se postent à l’intérieur de la banque, en prenant soin de se disperser dans les différentes pièces de celle-ci.

Il est 19h44. Je reste en compagnie de Marie, d’Eclair, du personnel de la banque et de l’équipe du commissaire ; nous percevons des vibrations et quelques minutes plus tard, les deux hommes en tenue de travaux sortent d’un trou.

– Bonjour messieurs, vous voilà bien arrivés ! ironise le commissaire, et il continue d’une voix grave et solennelle, vous êtes en état d’arrestation !

– Commissaire ! Attendez ! Il manque un homme !!! Il manque mon colocataire, dis-je.

Éric, entendant ce qui se passait au-dessus, avait décidé de faire demi-tour…

Quelques minutes plus tard, le talkie-walkie du commissaire grésille, il prend le sien et entend :

– On a attrapé un homme, qui s’enfuyait par le tunnel !

– Bien joué ! Toutes les souris sont sorties d’leur trou ! répond le commissaire. Puis se retournant vers Marie Eclair, et moi, il nous dit :

– Merci à tous les trois ! On a plus qu’à les mettre en cage … avec du fromage !

Partie 5 La situation finale du 7 mars au 18 mars 2022 Classe de Mme Hatton

Marie Michel et Martin sont soulagés les voleurs ont été arrêtés et mis en prison, mais le « patron » de la bande n’a pas été retrouvé. 

Martin se dit : « Je ne pensais pas régler une affaire pendant le confinement ».

Il s’interroge et dit à Marie Michelle :  il nous manque encore le commanditaire.

–Mais oui, dit- elle,  tu as raison, on n’ a pas encore attrapé le père Lustucru…

Ils se séparèrent et rentrèrent chez eux.

Martin retourna dans l’appartement  pour voir s’il pouvait trouver un indice dans la chambre d’Éric qui était en bazar. 

Il ne s’était pas douté qu’Eric préparait un mauvais coup, il se rappelle maintenant que parfois Éclair grognait quand il partait, et il avait souvent plein de terre sur ses chaussures quand  il rentrait et il était tout sale.

Martin souleva une des vestes d’Eric,  il n’avait pas vu qu’il avait fait tomber quelque chose. Peu après, Éclair entra aussi dans la chambre d’Éric et il ramassa le petit morceau de papier que Martin avait fait tomber de la veste.

Sur ce papier : se trouvait un plan dessiné rapidement et un numéro de téléphone.

Le lendemain, une autre lettre jaunie se trouvait dans la  boîte aux lettres de Martin, il y avait écrit : « Rendez-vous au parc à 10h, venez seul ».

Ce mot lui rappelait le début de  l’enquête. Pourtant,  cette fois il avait  l’impression que c’était différent.

 Il fit son attestation et partit au parc avec Éclair. Lorsqu’il arriva, il découvrit sans étonnement la mère Michelle assise sur un banc. 

Après s’être dit bonjour avec distance sur leur banc, Marie Michelle dit tout bas à Martin qu’elle trouvait que  le comportement du banquier  était étrange, il avait fallu se fâcher pour  qu’il les reçoivent. 

Martin lui répondit: 

  • Ce ne serait pas logique qu’il vole sa propre banque.
  • Oui, en effet  Martin c’est vrai, même si cela s’est déjà vu……..mais je PENSE  qu’il faut quand même chercher de ce côté là…..
  • Mais non…mais j’y pense ! …c’est sa secrétaire  qui ne voulait pas qu’on le dérange!!! se souvient- il tout à coup. 
  • Tu as sûrement raison mon p’tit, je crois que c’est le métier qui rentre, tu fais de bonnes déductions…
  • Oh, mais vous êtes douée aussi, vous m’avez bien aidé. Nous devrions rappeler les policiers et leur expliquer nos suppositions. En plus, je vais leur donner ce petit bout de papier, trouvé dans la chambre d’Eric, sur lequel il y a un numéro de téléphone. En fait, on cherchait un homme qui s’appelle le père Lustucru, mais c’était une fausse piste.            

Martin commençait à faire des liens. Si Eric connaissait cette secrétaire, ils avaient joué sur les mots avec «La mère Michelle », qui avait perdu son chat 🐈‍⬛ et le Père Lustucru qui donnait des ordres. 

Avant de retourner chacun dans leur appartement. La mère Michelle dit à Martin: 

  • Mon cher Martin, je vous ai fait venir dans le parc aujourd’hui, pour vous dire que j’adore résoudre les enquêtes parce que c’était mon ancien métier.  Je voulais vous aider pour votre enquête parce que j’avais vu le manège de votre colocataire. Et avant  que je prenne ma retraite…..j’étais détective.
  • Ouah! Et bien, c’est génial, je suis époustouflé, dit Martin. En tout cas, vous n’avez pas perdu la main. 
  • Peut-être, mais je n’ai toujours pas retrouvé  mon chat, dit – elle.

Martin donna les renseignements à la police. Le numéro de téléphone sur le morceau de papier était bien celui de la secrétaire du banquier et c’était  une amie d’Eric de longue date. 

Martin rentra chez lui , à la fois étourdi est content de son enquête. Il avait aussi trouvé une amie et une alliée : Marie Michelle. Finalement, il pourrait lui rendre service pendant cette période de confinement, et ils pourraient parler des enquêtes qu’elle avait résolues pendant ses années de travail, sa passion.

Qui l’eut cru,  celle qu’il avait surnommé la mère Michelle en se moquant un peu d’elle, allait devenir son amie, son modèle et son exemple.

 La Mère  Michelle a fini par retrouver son chat …….que les policiers ont découvert dans l’appartement de la secrétaire de la banque. 

Quelle histoire!