Un vol d’exception

Partie 1 Introduction du 15 au 26 novembre 2021 Classe de Mme Sablayrolles

11 novembre 1987, Pierre vient de fêter ses 35 ans. Comme chaque année, il se rend au monument aux morts de Payrin afin de commémorer les soldats morts au combat durant la Première Guerre Mondiale. Pendant le discours de Monsieur le Maire, il relit les inscriptions présentes sur le monument :

« Comme toi pour la France ils ont donné leur vie
Veille sur leur tombeau sainte de la patrie »

Il parcourt ensuite des yeux le nom de chaque soldat gravé dans le marbre. Ses yeux s’arrêtent sur l’inscription : Galinié Pierre, un grand oncle dont il aurait hérité son prénom et son nom.

Comme un adieu silencieux, il ferme brièvement les yeux et retourne vers sa voiture garée devant son ancienne école. « La Salvetat » quel drôle de nom pour une école !

Un dernier regard sur le vieux cèdre de la cour, celui qui l’a protégé du soleil, de la pluie, le lieu de rendez-vous de la récréation de toute la bande. Au volant de sa Citroën 2 CV rouge, Pierre s’éloigne de son passé, vers un autre destin.

15 novembre 1987, Pierre se trouve à l’aéroport de Blagnac à Toulouse et va embarquer pour Vancouver au Canada à 8h31. Il part retrouver son meilleur ami, Mathis, installé à Banff dans le parc national. Mathis s’est expatrié car il est devenu garde forestier dans le parc il y a quelques mois.

***

Un grand blond apparait à la porte d’embarquement pour Vancouver. Tom du haut de son mètre quatre-vingt-cinq, attend de présenter son passeport et sa carte d’embarquement. L’hôtesse observe le passeport du passager devant lui :

Nom : Galinié                    Prénoms : Pierre, Michel, Antoine

Date de naissance :  10 novembre 1952, Lieu de naissance : Mazamet

Tom n’a aucun mal à lire par-dessus l’épaule de ce passager. Etre grand a certains avantages. Il repasse en revue dans sa tête la liste de ce qu’il devait faire. Il n’a pas oublié l’essentiel : son cadeau pour Christie. A la pensée de sa jeune femme, il se mit à sourire. Ils s’étaient rencontrés il y a deux ans déjà. Cette jeune femme l’a émerveillé avec son enthousiasme, sa détermination et ses engagements. Christie s’occupe d’enfants, mais en dehors de ses heures de travail, elle est bénévole au commissariat de police de Banff. Ils habitent depuis leur mariage dans un chalet proche du parc de Banff avec vue sur la Cascade Mountain. Ils sont tous les deux heureux.

Mais Tom a sa mère sur Toulouse et, depuis quelques temps, elle a une santé fragile. Depuis deux mois, Tom a déjà réalisé trois aller-retour entre Toulouse et Vancouver afin d’être auprès d’elle à chaque problème de santé.

8h10, Tom s’installe enfin sur son siège dans l’avion, il regarde son voisin de voyage. Le visage de ce dernier est crispé, soucieux. Il est de taille moyenne, brun, son regard est franc bien que voilé de tristesse…

Tom décide d’engager la conversation : « Bonjour, puisque nous allons voyager côte à côte pendant un long trajet, je me présente :

– Tom Galibert, je suis canadien d’adoption, car je suis né à Toulouse. Et oui, je suis un vrai toulousain !

– Pierre Galinié, je suis de Mazamet. Vous allez à Vancouver ?

– A Banff par la suite, répond Tom.

– Moi de même, c’est extraordinaire ! »

Pendant des heures, les deux hommes partagent leur histoire, saupoudrée de fou-rire, de complicité.  En un clin d’œil, ils arrivent à Vancouver, prennent le même train pour Banff et continuent à cimenter cette nouvelle amitié.

23h45, le train s’arrête à la gare de Banff et leur chemin se sépare.


Partie 2 L’événement perturbateur du 3 au 14 janvier 2022 Classe de Mme Petit

Dans le taxi, Tom peut lire une affiche du musée d’histoire naturelle de Banff qui annonce une exposition temporaire sur les pierres semi-précieuses. Tom est un passionné de gemmes et a hâte d’aller visiter cette exposition.

Arrivé chez lui, tout est calme. Sa femme, Christie dort à point fermé depuis quelques heures, épuisée par la grande randonnée qu’elle a faite dans les montagnes cet après-midi. Il n’ose pas la réveiller et va se coucher dans la chambre d’amis.

     Quant à Pierre. Il retrouve son ami, Mathis qui le conduit dans son chalet à Banff. Il est chaleureux et a vue sur le Mont Castle. Heureux de se retrouver, ils prennent un capuccino au caramel installés autour du braséro en admirant la vue. Après avoir longuement discuté, ils partent se coucher.

     Quelques heures après, le soleil pointe son nez au-dessus des montagnes et réchauffe la nature. Tom, comme à son habitude, se lève aux aurores, prépare le petit-déjeuner et va ramasser le journal du matin que le livreur a déposé sur le seuil. Puis, il s’installe confortablement pour déguster son café en lisant le journal.

     Soudain, il pose son mug, choqué par l’article qu’il vient de lire :

Quel choc dans notre petite ville de Banff !!

Un vol a été commis cette nuit

Au musée d’histoire naturelle !

Une géode prêtée par l’état de Washington

Aux Etats-Unis a disparu.

La police mène l’enquête…

     Tom recrache son café et court dans la chambre pour prévenir Christie. Il ouvre la porte : personne. Christie a disparu !!!


Partie 3 Série d’actions du 17 au 28 janvier 2022 Classe de Mme Pourias

Pour s’assurer qu’elle n’est plus là, il court vérifier si sa voiture est toujours garée devant la maison. Mais elle ne s’y trouve plus… Tom sait qu’elle ne peut pas être à son travail, elle commence tous les matins à 8h30. Il est beaucoup trop tôt !

Il décide alors de se rendre au commissariat de police, elle a peut-être été appelée dans la nuit pour les aider sur le vol de la géode. Elle a souvent l’habitude d’aller donner un coup de main.

Au commissariat, il croise plusieurs policiers que Christie connaît bien. Il leur demande s’ils ne l’ont pas vu. Personne ne l’a croisé depuis la veille au soir. Tom commence à paniquer…

Il se souvient alors de son ami Pierre rencontré dans l’avion. Pendant leur voyage, Pierre lui a dit qu’il était détective et lui a raconté plusieurs de ses enquêtes incroyables. Il tapote la poche de son manteau, son carnet est là comme toujours. C’est sur le quai de la gare, avant de se dire au revoir qu’ils se sont échangés leur numéro. Tom l’a gribouillé rapidement sur le coin d’une page. Il se rend à la cabine téléphonique la plus proche pour l’appeler : il a besoin de son aide !

Il tombe sur l’ami de Pierre, Mathis, qui n’a pas l’air bien réveillé. Il demande à parler à Pierre de toute urgence. Tom lui explique que sa femme, Christie a disparu dans la nuit. Il lui donne rendez-vous chez lui pour récolter des indices.

Sur le chemin qui le mène au chalet de Tom, Pierre observe le paysage qui l’entoure : les glaciers, le lac Moraine d’un bleu turquoise, les forêts de sapins, les vallées enneigées… C’est la première fois qu’il découvre un tel panorama !

Quand il arrive, Tom lui montre immédiatement la chambre : c’est le dernier endroit où il a vu sa femme. Sous l’oreiller de Christie, Pierre découvre un morceau de papier sur lequel est noté un numéro et une adresse. Tom reconnaît immédiatement l’écriture de Christie. D’un simple regard, ils décident d’appeler immédiatement le numéro pour en savoir plus. Au bout du fil, c’est Christie qui décroche :

« Je ne peux pas te parler maintenant mais garde le papier… chuchote-t-elle

BIPP BIPP BIPP

– Elle a raccroché ! dit Tom

– Qu’est-ce que cela signifie ? s’interroge Pierre

Partie 4 Le dénouement du 21 février au 4 mars 2022 Classe de Mme Plus

1h10 auparavant, à Banff vers 5h20, le 16 novembre 1987.

Tout est calme dans la maison de Tom et Christie quand soudain, le téléphone retentit et brise le silence régnant auparavant. Les seules sources de bruit sont celle de la sonnerie du téléphone qui s’intensifie et celle de Tom qui ronfle auprès de Christie. Christie se réveille alors en sursaut. Son mari Tom ne s’est pas réveillé, il dort encore profondément auprès d’elle. Christie se lève sans bruit en pyjama, met ses chaussons et, sur la pointe des pieds, se dépêche d’aller dans le salon. Elle décroche :

« Allo ? Désolé, commence une voix qui lui est familière, c’est Antoine, tu sais, ton collègue de la police ! J’espère que je ne te dérange pas ?

– Ah, oui, bonjour Antoine ! Non, tu ne me déranges pas mais pourquoi m’appelles-tu si tôt ?

– Eh bien ce matin vers 5h00, le commissariat de Banff a reçu un appel anonyme d’un mystérieux correspondant disant qu’il avait remarqué des choses étranges du côté d’une maison abandonnée dans la banlieue de Banff. Apparemment, cela pourrait être en lien avec le vol de la Géode qui a été commis dernièrement au musée. Tu es au courant de ce vol n’est-ce pas ?

– Oui, bien sûr ! Mais c’est formidable ! Elle a été retrouvée ?

– Non, tout ce que je peux te dire pour l’instant Christie, c’est que j’ai besoin de toi. Il semble que nous ayons peut-être une piste sur le voleur, la géode, enfin tout ça… Mais nous en reparlerons tout à l’heure, c’est plus prudent. Je te donne rendez-vous chez moi. Voici mon adresse : 102, Beaver Street et mon numéro de téléphone : 612 332 3954. Rejoins-moi vite ! Je pense que je vais avoir une mission pour toi.

-Ok, c’est noté. A tout de suite ! »

Après avoir noté sur deux papiers différents les coordonnées qu’Antoine lui a dictées, Christie en glisse un sous son oreiller afin que Tom puisse la contacter à son réveil s’il veut savoir où elle se trouve. En effet, il est encore très tôt et Christie n’ose pas réveiller Tom pour le prévenir de ce départ imprévu , il a l‘air de dormir encore très profondément.

Elle garde cependant avec elle le deuxième papier afin de pouvoir se rendre chez Antoine et le pose sur la table de la cuisine. Elle ouvre ensuite les volets, regarde le paysage sans lumière, referme la fenêtre puis se dépêche d’aller vers la salle-de-bain prendre une douche, s’habille d’un vieux pantalon et d’un T-shirt bleu. Elle retourne ensuite dans la cuisine pour prendre son petit déjeuner et avale son café et une tartine de miel. Puis, elle prend son manteau, ses clefs, son sac à main, le papier avec l’adresse d’Antoine, elle enfile ses chaussures et sort dehors pour se diriger vers sa vieille Honda Civic bleue. Elle saute dans sa voiture qui a beaucoup de mal à démarrer car il fait encore très froid dehors. Finalement, la voiture démarre et Christie part à la fois très excitée et impatiente de découvrir sa mission. Sur le trajet, elle se prend tous les feux rouges alors pour se calmer, elle allume la radio et met les informations. Le commentateur annonce que « La géode a bel et bien disparu mais qu’il y a eu du nouveau durant la nuit et que la police est peut-être sur une piste. ». A ce moment, Christie pense comprendre enfin pourquoi Antoine l’a appelée et elle se dit en elle-même : « Antoine m’a sûrement appelée car il sait que je m’y connais très bien en minéraux et que cela pourrait lui être très utile pour son enquête. »

Après les nombreux feux rouges, Christie s’éloigne enfin du centre-ville et se demande à quoi peut ressembler la maison d’Antoine. Elle y est venue il y a plusieurs années et ne s’en souvient plus vraiment. Elle prend des routes de campagne sur lesquelles il faut faire attention à cause du gel. Au bout de quinze minutes, Christie arrive enfin chez son collègue Antoine. Il est un peu plus de 6h00. Sa petite Honda se gare devant une grande et belle maison aux volets en forme de fer à cheval. Il y a un grand jardin, un potager et une allée menant à la porte de la maison. La façade est jaune vif et les tuiles du toit forment des étoiles. Christie se dit en regardant sa montre :« Heureusement que le trajet entre les deux maisons était court, il est déjà 6h01 ! » Elle descend de sa voiture, pousse le petit portail du jardin mais elle n’a pas le temps de toquer à la porte qu’un petit labrador lui saute dessus. A ce moment-là, Antoine sort de sa maison et appelle son chien :

« – Pépite, au pied !! Puis, avec un grand sourire et s’adressant plus amicalement à Christie : Vas-y entre, mais sans faire de bruit s’il te plaît, ma femme Lola dort encore profondément. Elle est enceinte et a besoin de beaucoup de repos !  Sinon, veux-tu que je t’offre un petit café ?»

Christie répond alors :

« – Ah, bravo ! Et non merci pour le café, je viens de petit-déjeuner.

– Ok, comme tu veux mais vas-y, entre et installe-toi dans le salon, je t’expliquerai tout lorsque j’aurai nourri Pépite. »

Quelques minutes plus tard, Antoine revient dans le salon et s’installe dans un fauteuil face à Christie. Il a encore les yeux légèrement ensommeillés et les cheveux en bataille. La pièce n’est, à cette heure matinale, baignée que d’une petite lumière. Antoine commence :

« – Je t’ai appelée car le commissaire Jordan m’a appelé tôt ce matin pour me parler d’un appel téléphonique anonyme qu’il a reçu tout à l’heure vers 5h00. Apparemment, un homme a raconté que dans une vieille maison normalement inhabitée du quartier de Middle Springs, il aurait vu des faisceaux de lumière se balader derrière les fenêtres. Il a également parlé de deux hommes suspects sortant ensuite de la maison. Il a dit aussi être entré dans la maison et avoir découvert des choses pouvant nous intéresser pour notre enquête sur le vol de la fameuse géode. Il a parlé de pierres précieuses. Je pense que cet appel a vraiment un rapport avec le vol de la géode mais, comme il est aussi question de pierres précieuses, je me suis dit que tu pourrais m’aider. Tu es une spécialiste pour identifier les minéraux n’est-ce pas ? J’ai donc pensé que tu serais la personne idéale pour m’aider. C’est donc pour ça que je t’ai appelée. Alors, es-tu d’accord pour venir avec moi ce matin pour voir ce qu’il y a dans cette maison ?

– Oui bien sûr Antoine, avec grand plaisir ! »

A ce moment-là, le téléphone se met à sonner. Il est 6h28. Antoine se lève d’un bond pour décrocher puis revient vers Christie avec le combiné et le lui tend en lui précisant que cet appel est pour elle.

Il s’agit de Tom, le mari de Christie qui s’est réveillé et qui, inquiet car ne trouvant sa femme nulle part, a trouvé le papier avec le numéro d’Antoine sous l’oreiller de celle-ci. Mais Christie ne peut pas lui parler, il ne faut pas réveiller Lola la femme d’Antoine et Antoine qui a déjà enfilé son manteau et ses chaussures l’attend déjà dehors dans la voiture. Elle raccroche alors en bredouillant quelques mots à Tom qui, loin de le rassurer et de l’aider à comprendre ce qu’il se passe, ne font qu’accentuer son inquiétude et sa curiosité.

De son côté, Christie se dépêche de rejoindre Antoine dans sa voiture de service. Il est déjà 6h30, il n’y a pas de temps à perdre. Il démarre et roule en direction du quartier de Middle Springs qu’il connaît bien pour y avoir habité il y a quelques années. Il lui semble aussi savoir où doit se trouver cette fameuse maison abandonnée.

Vers 6h45, ils arrivent enfin dans le secteur signalé. La maison quant à elle n’est pas difficile à reconnaître : Elle ressemble aux maisons que l’on peut voir dans les films d’horreur. Il s’agit d’une grande maison délabrée, en bois et avec de nombreuses fenêtres cassées, ce qui est vraiment louche. Les murs sont sales et couverts de lierre. Sur le toit, il manque de nombreuses tuiles. Le jardin quant à lui ressemble à une jungle : il est enseveli par les mauvaises herbes et les taupes. De plus, les arbres sont tellement grands qu’ils dépassent la maison. Il y a aussi un vieux muret qui sépare la maison de celle de la voisine. Il est couvert lui aussi de lierre et quelques tuiles pendent lamentablement sur le côté. Pas de doute, on voit bien que cette maison doit être abandonnée depuis longtemps. Un gros chat noir assis sur le muret observe Antoine et Christie qui sortent de la voiture. Ils ouvrent le portail de la propriété et tentent d’avancer dans cette petite jungle qui s’est formée autour de la maison en marchant sur les vieux pavés de pierre qui mènent à la maison. Antoine et Christie escaladent les petites marches de l’entrée, devenues glissantes à cause de la mousse. « Criiiiii !  Oh, les marches grincent, cela fait peur, chuchotent-ils. »

Ils décident de pousser la porte d’entrée qui n’est pas fermée à clef et entrent dans la lugubre maison. L’odeur de renfermé vient leur chatouiller les narines et les deux collègues ne tardent pas à faire le rapprochement entre l’odeur et la peinture des murs qui est toute moisie. La maison est sans dessus dessous, il y règne un grand désordre : lampes cassées, étagères renversées, rideaux déchirés ainsi que quelques vieux meubles en mauvais état. Après avoir fait quelques pas, Antoine et Christie aperçoivent un mince filet de lumière qui s’échappe de la porte légèrement entrouverte de la cave. Christie est excitée mais elle a aussi un peu peur. Antoine, lui, prend son courage à deux mains et ouvre la porte de la cave. Christie le suit et ils commencent à descendre tous deux et sans bruit le vieil escalier de pierre au-dessus duquel pendent de nombreuses toiles d’araignées. Arrivés en bas, ils voient quelques rats détaler en courant pour se cacher dans quelques trous de mur mais aussi derrière un grand meuble contenant de nombreux petits tiroirs. Au fond de la pièce se trouve une longue table en bois et alors, Antoine et Christie n’en croient pas leurs yeux : ils découvrent sur cette table de nombreuses pierres de toutes les couleurs, de toutes les tailles et de toutes les formes qui sont entreposées en tas les unes par-dessus les autres. Christie s’approche pour observer ces superbes pierres de plus près et mettre à profit ses connaissances sur les minéraux pour identifier leur nature tandis qu’Antoine s’approche du grand meuble faisant face à l’escalier et commence à en ouvrir les multiples tiroirs. Là encore, il fait de nouvelles trouvailles : chaque tiroir contient plusieurs exemplaires de pierres, elles semblent être classées par couleur. Soudain, Christie s’approche de lui et tire sur la manche de son pull en pointant du doigt un ombre accroupie dans un recoin de la pièce.

« – Police ! hurle Antoine en pointant son arme vers l’ombre. Levez les mains en l’air et montrez-vous ! »

Un vieil homme s’avance alors les mains en l’air en souriant.

« Ah, vous êtes de la Police ? Je suis content de vous voir enfin arrivés !

– Mais qui êtes-vous ? demande Antoine surpris et méfiant.

– Bonjour, je suis Monsieur Michel Mercier. Si vous êtes là, c’est parce que vous avez reçu mon appel ce matin n’est-ce pas ?

– Ah, c’est vous l’appel anonyme ? répond Antoine rassuré. C’est le commissaire Jordan qui m’a parlé de votre appel ce matin et qui m’a envoyé ici. Alors, pourquoi cet appel ? Et que signifie la présence de toutes ces pierres ici ?

– Eh bien, je vais vous expliquer. J’habite en face de cette maison et ce matin vers 4h00, alors que je me levai pour boire un verre d’eau dans ma cuisine, j’ai entendu de drôles de bruits venant de cette maison. J’ai alors regardé par ma fenêtre et j’ai vu de la lumière, comme celle de lampes de poche. Ensuite, j’ai vu deux hommes sortir de la maison chargés chacun d’une petite caisse de bois, les mettre dans une vieille camionnette garée sur le côté puis repartir en laissant leurs phares éteints, comme s’ils ne voulaient pas être vus. Il était presque 4h35. J’ai attendu un peu pour être sûr qu’ils ne reviendraient pas et comme je suis plutôt curieux de nature, je n’ai pas pu m’empêcher d’aller jeter un coup d’œil. A mon âge, je sais que ce n’est pas raisonnable mais la maison semblait vide alors et je me suis dit que cela ne craignait rien. J’ai ensuite découvert comme vous tout ce bazar dans la cave et je me suis dit que tout ceci n’était pas normal. J’ai donc décidé de prévenir la police.

– Vous avez bien fait Monsieur Mercier, je vous félicite, dit alors Antoine.

– Mais alors, ceux qui ont amené toutes ces pierres ici sont peut-être ceux qui ont volé la géode ? ajouta Christie.

– Très certainement, répondit Antoine. Mais avant Christie, j’aimerais que tu observes encore toutes ces pierres sur la table pour me dire ensuite si elles sont de grande valeur. Moi de mon côté, je vais fouiller le reste de la pièce, peut-être trouverai-je la géode. »

Pendant ce temps, à l’autre bout de la ville, Tom et Pierre s’inquiètent. Il est 6h28 et Tom ne comprend toujours pas pourquoi sa femme lui a presque raccroché au nez. Il s’inquiète et est très curieux en même temps de savoir où elle se trouve. D’un commun accord, Pierre et Tom décident de se rendre à l’adresse mystérieuse, celle indiquée sur le papier laissé par Christie. Arrivés vers 6h45 au 102 Beavert Street, Tom frappe à la porte. Lola qui est levée depuis peu vient lui ouvrir.Tom se présente et explique la situation à Lola qui s’exclame en souriant :

– Ah, vous êtes le mari de Christie ? Bonjour, moi, c’est Lola, je suis la femme d’Antoine, un collègue de votre femme. Je les ai entendus parler ce matin de ma chambre, je crois qu’il y a eu un signalement à propos d’une maison abandonnée dans le quartier de Middle Springs et mon mari a demandé à votre femme de l’accompagner là-bas. Ils sont partis il y a environ 15 ou 20 minutes, je ne sais plus trop.

– C’est très gentil à vous de me donner tous ces renseignements, je suis soulagé mais je m’inquiète tout de même pour elle. Savez où elle se trouve exactement ?

– C’est dans une maison abandonnée, c’est tout ce que je peux vous dire. 

– Très bien , merci. Au revoir »

Pierre et Tom remontent dans leur voiture en direction de Middle Springs. Le quartier n’est pas très grand et après avoir parcouru quelques rues, ils voient enfin au loin la voiture de police de Tom qui est garée devant une maison en très mauvais état. Ils se garent alors derrière la voiture d’Antoine, en sortent, ouvrent le portail, parcourent l’allée puis entrent sans bruit dans la maison. Ils ne tardent pas à entendre des voix venant de la cave. Tom reconnait celle de Christie. Les deux hommes descendent alors dans la cave et rejoignent Antoine, Christie et Monsieur Mercier qui sont très surpris de les voir.

« – Mais, que fais-tu là ? demande Christie étonnée.

– Je me suis réveillée ce matin vers 5h50 et j’ai vu que tu n’étais pas là. Comme tu es partie si tôt sans prévenir et sans rien m’expliquer, j’ai eu peur qu’il ne te soit arrivé quelques chose de grave. Tu aurais dû me dire que tu partais !

– Désolée, je n’ai pas voulu te réveiller… Et, qui est ce monsieur avec toi ?

– Ah oui, il s’agit de Pierre Galinié, il vient de France pour retrouver un vieil ami qui s’est installé dans les environs. Nous nous sommes rencontrés lors de notre voyage en avion pour Vancouver.

– Enchantée Monsieur Galinié, mais que faites-vous ici exactement et à cette heure-ci avec mon mari ? J’avoue ne pas trop comprendre…
– Oui bien sûr, je vous comprends Madame. Je suis détective privé et suite à votre disparition, votre mari Tom, très affolé, m’a contacté pour que je l’aide à vous retrouver. Finalement, cela n’était pas bien compliqué…

– Ah, je comprends mieux ! répondit Christie. Mais peut-être pourriez-vous nous aider ici si vous le voulez M. Galinié. Nous pensons qu’une pierre semi-précieuse mais de grande valeur est cachée dans cette cave. Pourriez-vous nous aider à la retrouver ? »

Pierre accepta et chacun se mit à la recherche de la fameuse géode. La cave étant très grande et très sombre, il n’était pas facile d’y voir clair. Cependant, Pierre qui avait un sens aigu de l’observation des détails ne tarda pas à trouver une plaque en métal imitant une des pierres du mur de la cave. Il appuya dessus et aussitôt, une petite trappe au plafond s’ouvrit laissant descendre une petite corde. Pierre tira alors dessus avec prudence ce qui provoqua l’ouverture d’un double mur donnant accès à une pièce secrète. Là se trouvait une table avec encore de nombreuses pierres semi-précieuses mais surtout, une énorme géode, sans aucun doute celle volée au Muséum d’histoire naturelle de Banff !

Heureux de cette découverte, Antoine alla à sa voiture pour prévenir le commissariat et demander du renfort pour transporter toutes ces pierres, sans doute volées, en lieu sûr.

Quelques jours plus tard et après l’analyse minutieuse de chaque pierre, de nombreuses empreintes digitales furent relevées permettant de retrouver la trace des deux hommes qu’avait vu Monsieur Mercier. Ces hommes étant connus des services de police pour des histoires similaires de vol, la police ne tarda pas à mettre la main dessus et à les arrêter pour les mettre derrière les verrous.

Partie 5 La situation finale du 7 mars au 18 mars 2022 Classe de Mr Gauthier
Les pierres ont été rendues au Musée d’histoire naturelle avec la géode comme clou de l’exposition.

« Merci beaucoup! Dorénavant le musée sera beaucoup mieux protégé, dit la directrice de l’établissement. En récompense de votre inestimable aide ,nous vous donnons 100.000 dollars.

-Nous aurons suffisamment d’argent pour faire bâtir une maison confortable pour Michel. »

Tom dit à sa femme: « On pourrait inviter Antoine pour fêter ça?

-Pas cette semaine,rétorque Antoine, ma femme doit accoucher.

-Dans un mois alors!

-Ok! »

Un mois plus tard, Antoine lui a remis la médaille du courage; elle allait lui permettre d’entrer dans la police… et utiliser son talent pour résoudre des enquêtes.